Quelles sont les premières questions à (se) poser pour analyser un texte ?

Tout d’abord, vous devez regarder qui est l’auteur, à quel siècle il appartient et son courant littéraire afin de le situer dans le temps et par rapport aux autres écrivains.
Vous devez identifier le type du texte : est-il narratif, explicatif, descriptif, argumentatif ? Pour en savoir plus sur ces différents types, m’écrire un message en commentaire..)

Quelles sont les premières questions à (se) poser pour analyser un texte ?  Ce sont les premières questions que vous devez vous poser quand vous êtes en classe de seconde.

Débutent les cours en français, et puis un jour, votre professeur vous annonce : vous avez un commentaire de texte à faire à la maison pour la semaine prochaine.

Pas de panique ! Je vais vous donner quelques conseils et outils pour réussir ce premier devoir.

Il y a un questionnement autour des textes qui est identique quel que soit le genre (poésie, roman, théâtre,  poésie ou texte argumentatif), et un autre spécifique aux genres. Aujourd’hui, nous nous intéressons au questionnement général.

Alors commençons : 

Vous avez sous vos yeux un extrait de roman, vous prenez une fiche cartonnée et vous écrivez (ces fiches à remplir pour chaque écrivain vous aideront pour les révisions avant vos épreuves du bac français)   :

  • Tout d’abord, vous devez regarder qui est l’auteur, à quel siècle et à quel courant littéraire il appartient afin de le situer dans le temps et par rapport aux autres écrivains.
  • Vous devez identifier le type du texte : est-il narratif, explicatif, descriptif, argumentatif ? Pour en savoir plus sur ces différents types, m’écrire un message en commentaire..)
  • Vous devez identifier son genre (roman, nouvelle, conte, poésie,…)
  • Vous précisez les particularités  du genre repéré  : est-ce une scène de rencontre amoureuse, une description, une scène d’exposition, une scène d’aveu, une tirade, une poésie engagée, un dialogue, etc…
  • Vous dégagez le thème principal (qui peut être écrit en une petite phrase) et les sous-thèmes qui pourront vous servir d’axes lors de votre commentaire.
  • Vous devez analyser la situation d’énonciation : le temps et le mode des verbes, le choix des pronoms personnels, les marques de jugement, le vocabulaire et le niveau de langue.
  • Enfin il faut repérer les figures de style, le point de vue, le registre littéraire, ou encore l’atmosphère de la scène.
  • Lorsque vous aurez trouvé ces informations, même incomplètes, vous serez en capacité de trouver quelle problématique (qui peut être une question que vous vous êtes posée en trouvant le thème) s’adapte le mieux à l’histoire du texte.

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à me poser des questions

dans la rubrique « commentaires »  ou à me laisser un message ci-dessous !

 

 

Analyse de Germinal de Zola

Travail d’analyse pour les lycéens en classes de seconde et première :

Nous nous demandons tous à l’approche d’un contrôle de connaissances, d’un Analyse de Germinal de Zola ou des épreuves du bac anticipé de français si nous allons nous poser toutes les bonnes questions et surtout si nous allons savoir approfondir notre analyse convenablement.

Afin de vous y aider,  voici  une analyse de l’incipit  de Germinal de Zola (romancier réaliste et naturaliste) publié en 1885,  avec quelques rappels de questions :

Analyse de Germinal de Zola

Avant de débuter l’étude de ce texte, je rappelle aux lecteurs que ce cours est gratuit, mais j’apprécierais un juste retour de la part de tous, car je ne donne pas que des cours de français. Je suis aussi depuis janvier 2020 écrivaine. Ainsi, ce blog est également dédié à la promotion de mon roman « La vie cachée de Mina M ». Je vous remercie de cliquer sur le lien, de regarder et de partager sur vos réseaux sociaux les pages concernant sa promotion. ♥♥♥♥♥

Béatrice ♥♥ (Follow me)

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Travail d’analyse du livre Germinal  d’Emile Zola pour les lycéens en classes de seconde et première :

Nous nous demandons tous à l’approche d’un contrôle de connaissances, d’une analyse de textes, par exemple de Germinal de Zola ou des épreuves du bac anticipé de français si nous allons nous poser toutes les bonnes questions et surtout si nous allons savoir approfondir notre analyse convenablement.


Afin de vous y aider,  voici  une analyse de l’incipit  de Germinal de Zola (romancier réaliste et naturaliste) publié en 1885,  avec quelques rappels de questions :

Qu’évoque ce roman de zola ?

Les luttes sociales de la fin du 2eme empire et les événements de 1880 à 1884.

Quelles sont les intentions conscientes de Zola dans cet incipit ?

Zola cherche certainement à nous intriguer (personnage anonyme, pourquoi cet homme entreprend ce voyage en plein coeur de la nuit ?, atmosphère sombre et hostile, quelle est l’identité et le passé du personnage ? ) et à nous émouvoir (l’homme n’est pas couvert et démuni, il est faible et souffrant des mains, sans emploi et sans gîte,..)

 Quels sont les procédés  d’écriture employés par Zola pour nous intriguer et nous émouvoir 

Les procédés lexicaux: 

Reproduction fidèle de la réalité dans la description du lieu avec un vocabulaire (péjoratif ou dépréciatif) riche et imagé avec beaucoup d’informations sur le décor (extérieur, plaine, grande route de Marchiennes, paysage industriel, horizontalité des bâtiments, voix ferrée, talus…. ), les circonstances avec beaucoup de marqueurs spatio-temporels (c’est le mois de mars, vers 2h du matin, depuis 1 heure, sous la nuit sans étoiles, des rafales glacées,..) et d’adjectifs qualificatifs  (rase, noir, creux, immense, aminci, glacés, douloureux..), les compléments circonstanciels, les adverbes, les mouvements ou vers d’action,

Puis vision fantastique : l’enfer minier, obscurité du paysage, vision de l’enfer, symboles de la mort, animalisation du paysage, impression d’étouffement,

 Le point de vue ou focalisation :

la description du début se fait d’un oeil externe, objectif, puis glissement de point de vue :  description de Montsou d’un point de vue interne (vision subjective de l’homme qui a l’espoir de se chauffer les mains).

 Procédés stylistiques :

Nombreux contrastes et antithèses : la nuit glaciale et le ciel mort avec des feux qui brûlent pareils à des lunes fumeuses (métaphore), les feux en plein air (et si haut) avec des constructions basses et écrasées,  lanternes pendues alors que la respiration monte.

La personnification  (le vent est assimilé à un fouet avec les lanières du vent) et de la bâtisse (avec sa respiration grosse et longue)

Nombreuses comparaisons ou analogies : la plaine est vue comme une mer, le pavé à une jetée, le vent glacé aux embruns,

Hyperboles ou exagération : le lieu se transforme en la vision d’un monstre, la fosse devient un personnage.

et nous terminons cette analyse non exhaustive avec 

cette belle Oxymore : des ombres vivantes.

téléchargement

Germinal – Zola – Extrait de la première partie chapitre 1

Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d’une obscurité et d’une épaisseur d’encre, un homme suivait seul la grande route de Marchiennes à Montsou, dix kilomètres de pavé coupant tout droit, à travers les champs de betteraves. Devant lui, il ne voyait même pas le sol noir, et il n’avait la sensation de l’immense horizon plat que par les souffles du vent de mars, des rafales larges comme sur une mer, glacées d’avoir balayé des lieues de marais et de terres nues. Aucune ombre d’arbre ne tachait le ciel, le pavé se déroulait avec la rectitude d’une jetée, au milieu de l’embrun aveuglant des ténèbres.
L’homme était parti de Marchiennes vers deux heures. Il marchait d’un pas allongé, grelottant sous le coton aminci de sa veste et de son pantalon de velours. Un petit paquet, noué dans un mouchoir à carreaux, le gênait beaucoup ; et il le serrait contre ses flancs, tantôt d’un coude, tantôt de l’autre, pour glisser au fond de ses poches les deux mains à la fois, des mains gourdes que les lanières du vent d’est faisaient saigner. Une seule idée occupait sa tête vide d’ouvrier sans travail et sans gîte, l’espoir que le froid serait moins vif après le lever du jour. Depuis une heure, il avançait ainsi, lorsque sur la gauche à deux kilomètres de Montsou, il aperçut des feux rouges, trois brasiers brûlant au plein air, et comme suspendus. D’abord, il hésita, pris de crainte ; puis, il ne put résister au besoin douloureux de se chauffer un instant les mains.
Un chemin creux s’enfonçait. Tout disparut. L’homme avait à droite une palissade, quelque mur de grosses planches fermant une voie ferrée ; tandis qu’un talus d’herbe s’élevait à gauche, surmonté de pignons confus, d’une vision de village aux toitures basses et uniformes.
Il fit environ deux cents pas. Brusquement, à un coude du chemin, les feux reparurent près de lui, sans qu’il comprît davantage comment ils brûlaient si haut dans le ciel mort, pareils à des lunes fumeuses. Mais, au ras du sol, un autre spectacle venait de l’arrêter. C’était une masse lourde, un tas écrasé de constructions, d’où se dressait la silhouette d’une cheminée d’usine ; de rares lueurs sortaient des fenêtres encrassées, cinq ou six lanternes tristes étaient pendues dehors, à des charpentes dont les bois noircis alignaient vaguement des profils de tréteaux gigantesques ; et, de cette apparition fantastique, noyée de nuit et de fumée, une seule voix montait, la respiration grosse et longue d’un échappement de vapeur, qu’on ne voyait point.


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Oral du bac français : « l’homme à la cervelle d’or » d’Alphonse DAUDET

Avant de débuter l’étude de ce texte, je rappelle aux lecteurs que ce cours est gratuit, mais j’apprécierais un juste retour de la part de tous, car je ne donne pas que des cours de français.

Je suis aussi depuis janvier 2020 écrivain. Ainsi, ce blog est également dédié à la promotion de mon roman « La vie cachée de Mina M ».

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Oral du bac  français : « l’homme à la cervelle d’or » d’Alphonse DAUDET

Aujourd’hui, je vous propose de préparer ensemble une nouvelle simulation de l’oral du bac français avec le texte : « l’homme à la cervelle d’or » d’Alphonse DAUDET.


Avant de débuter notre analyse du texte « l’homme à la cervelle d’or » d’Alphonse DAUDET

en vue de préparer ensemble une simulation d’oral du bac français, voici quelques rappels méthodologiques :

A l’oral : ce qui est demandé au candidat, c’est d’avoir :

  • Une bonne capacité d’analyse critique et de prendre en compte la question qui est posée et d’y apporter une réponse précise et détaillée.

  • De préparer une bonne introduction au commentaire de texte (aussi bien à l’oral qu’à l’écrit) avec le nom de l’auteur, le genre, le thème, l’époque et la situation du passage dans l’oeuvre.

  • De faire un plan détaillé de votre explication avec les exemples à citer (en les soulignant dans le texte), ce qui vous permettra d’énoncer l’idée directrice de chaque axe et de retrouver les exemples plus facilement.


 

Déroulement de l’épreuve :

Plan du travail en vue de l’oral :

  • Introduction : présenter l’auteur et le texte en le centrant sur la problématique.

Alphonse Daudet , est né la même année qu’Emile Zola (en 1840) et dix ans avant Guy de Maupassant (1850) : voir simulation d’oral du bac « Le Horla » de Maupassant.

Né à Nîmes dans le département du Gard, il est mort en (à l’âge de 57 ans) à Paris.  C’est un écrivain et auteur dramatique français. Il est célèbre pour ses Lettres de mon moulin publiées en 1869.  L’une d’elles, intitulée « La légende de l’homme à la cervelle d’or », est un récit personnel, de genre épistolaire (écrit sous forme d’une lettre) où il exprime tout d’abord sa tristesse d’avoir perdu un ami, puis dans un deuxième temps, il offre le cadeau (d’une légende mélancolique) racontant la vie d’un enfant, puis d’un jeune homme généreux abusé par ses proches parce qu’il possède un cerveau en or qu’il disperse naïvement. C’est un apologue d’abord paru dans L’Événement du 29 septembre 1866 (Un apologue est un récit qui a pour fonction d’illustrer une leçon morale qui peut être formulée explicitement).

Cours de français à, distance
Portrait d’Alphonse Daudet
  • Lire le texte : vous pouvez le trouver sur Internet.
  • Rappeler la question comment expliquez-vous cette légende ?
  • Annoncer les grands axes.

I -Lettre en deux parties à une dame qui demande des histoires gaies.

 

  1. Une lettre triste qui reflète le vécu et la tristesse de l’auteur (fonction affective).
  2. Cadeau de la légende de l’homme à la cervelle d’or à la dame qui demande des histoires gaies.

II- L’épuisement de son or

  1. La légende de l’homme à la cervelle d’or.
  2. Cupidité des gens qui abusent de la générosité du personnage- auteur.

Explication du passage :

De genre épistolaire, Les premiers paragraphes simulent un dialogue : l’ épistolier qui s’exprime à la première personne du singulier écrit une lettre à une dame qu’il vouvoie « En lisant votre lettre, madame ». Elle est le destinataire : (c’est la personne à qui la lettre est adressée). De même, la lettre se termine par une formule de congés : »Telle est, madame, la légende de l’homme à la cervelle d’or ».

Dans cette lettre, l’épistolier exprime ses sentiments et les faire connaître à sa destinataire. Elle a ainsi dans la première partie une fonction affective importante. Bien qu’il s’étonne de sa tristesse : Pourquoi serais-je triste, après tout ? Il est anéanti pour différentes raisons : il broie régulièrement du noir  : couleur un peu trop demi-deuil de mes historiettes,  Paris qui lui envoie des éclaboussures de ses tristesses. Puis il est en deuil, il a perdu son ami Charles Barbara (qui lui inspire en partie la légende de l’homme ….) : je viens d’apprendre la mort misérable du pauvre Charles Barbara ; et mon moulin en est tout en deuil.

Puis débute la légende qui est une histoire vraie d’après son auteur : la légende de L’homme à la cervelle d’or commence par la locution verbale impersonnelle « il y a » et elle ne s’embarrasse pas de vraisemblance scientifique L’enfant naît avec une cervelle d’or. C’est un enfant prodigue. Puis il devient un homme. Toute sa vie, ses proches en profitent (parents, amis et femme) que ce soit de manière consciente ou inconsciente. Toutefois l’homme à la cervelle d’or ne tire pas d’avantages de cette situation : il ne semble pas vraiment heureux (enfance gâchée, cupidité de sa famille et de sa femme, décès de sa femme) et connaît une fin tragique car il semble proche de la mort à la fin du conte.

Conclusion

Cette nouvelle peut se comprendre en partie par cette phrase,  : « Il y a par le monde de pauvres gens qui sont condamnés à vivre de leur cerveau et paient en bel or fin, avec leur moelle et leur substance, les moindres choses de la vie. C’est pour eux une douleur de chaque jour »

Ces pauvres gens, ce sont les créateurs, les écrivains dont c’est le métier, qui souffrent chaque jour pour produire et gagner leur vie. L’homme à la cervelle d’or est donc une métaphore des écrivains (A Daudet et Charles Barbara) qui créent leurs œuvres en épuisant leurs ressources intérieures, jusqu’à ce que celles-ci soient anéanties. Ils signent alors leur mort (réelle ou artistique).

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Oral du bac – « Spleen » de Charles Baudelaire

Oral du bac – Spleen de Charles Baudelaire (1857)
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Pour l’oral du bac, vous pouvez avoir à analyser ce poème de Charles Baudelaire « Spleen » poème extrait du recueil des « Fleurs du mal ».

Oral du bac – Spleen de Charles Baudelaire (1857)

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Pour l’oral du bac, vous pouvez avoir à analyser ce poème de Charles Baudelaire « Spleen » poème extrait du recueil des « Fleurs du mal« .


Tout d’abord, avant d’étudier et d’analyser ce poème pour l’oral du bac, nous devons connaître succinctement la biographie de Charles Baudelaire.

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Charles Pierre Baudelaire est un poète né à Paris le 9 avril 1821 (la même année de que G. Flaubert) et mort à Paris le 31 août 1867 à l’âge de 46 ans. Grand poète du XIXème siècle, Charles Baudelaire est connu pour deux œuvres, les Fleurs du Mal et le spleen de Paris (le mot Spleen traduit chez Baudelaire l’ennui et le dégoût généralisé de la vie).

Très jeune, Charles Baudelaire se fait remarquer par son caractère rebelle mais obtient néanmoins son baccalauréat.

Rapidement, et après son voyage en paquebot pour les Indes, il est contraint de travailler pour subvenir à ses besoins et devient journaliste et critique d’art. C’est à cette époque qu’il commence à écrire certains poèmes des Fleurs du mal (titre antithétique). Ses débuts littéraires datent de 1843 approximativement.

Ce recueil de poèmes publié en juillet 1857, très controversé et attaqué, met en lumière la dualité entre la violence et la volupté, le bien et le mal, la laideur et la beauté, l’enfer et le ciel.

Le projet poétique de Baudelaire : extraire la beauté du mal et de la perversité humaine et transfigurer par le travail poétique l’expérience douloureuse de l’âme humaine en proie aux malheurs de l’existence.

Il est condamné  pour outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs.

Les poèmes de Charles Baudelaire, qui a reçu de par sa naissance en 1821 un héritage classique, romantique et réaliste, sont par nature lyriques et rattachés au mouvement littéraire du symbolisme. Ce sont des poèmes réguliers à forme fixe où la beauté est recherchée pour tendre vers la perfection du texte.

Le symbolisme est en opposition au monde matériel. Les symbolistes recherchent la suprématie de la sensibilité et du plaisir des sensations, tout y est fugace et éphémère.

Croulant sous les dettes, il part en Belgique pour y donner des conférences. Mais en 1866, il commence à avoir des problèmes de santé. Il s’éteint un an plus tard (1867) des suites de la syphilis et de l’abus d’alcool, sans avoir été reconnu de son vivant, ce que l’aura profondément attristé. En 1868 sont publiés à titre posthume le Spleen de Paris et les Curiosités esthétiques.

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Avant de débuter notre analyse du texte  de Charles Baudelaire en vue de préparer ensemble une simulation d’oral du bac français,

Voici quelques rappels méthodologiques :

A l’oral : ce qui est demandé au candidat, c’est d’avoir :

  • Une bonne capacité d’analyse critique et de prendre en compte la question qui est posée et d’y apporter une réponse précise et détaillée.

  • De préparer une bonne introduction au commentaire de texte (aussi bien à l’oral qu’à l’écrit) avec le nom de l’auteur, le genre, le thème, l’époque et la situation du passage dans l’oeuvre.

  • De faire un plan détaillé de votre explication avec les exemples à citer (en les soulignant dans le texte), ce qui vous permettra d’énoncer l’idée directrice de chaque axe et de retrouver les exemples plus facilement.

 


Déroulement de l’épreuve :

Plan du travail en vue de l’oral :

  • Introduction : présenter l’auteur et le texte en le centrant sur la problématique.

Charles Baudelaire, écrivain français du 19e siècle (1821-1867) est considéré comme un poète maudit et un précurseur du symbolisme (grand tournant littéraire de la décennie 1850-1870). « Les Fleurs du Mal » est l’une des ses œuvres majeures, dans laquelle le poète crée un nouveau rapport entre l’émotion et le langage. Le poème « Spleen » est extrait de la section « spleen et idéal ». Dans ce poème de cinq strophes, rédigé en alexandrin avec des rimes riches et croisées, le poète livre avec une importante tension dramatique toute la mélancolie qu’il ressent les jours de grande pluie.

Par quels procédés Baudelaire parvient-il à nous faire ressentir tout son mal-être dans ce poème ?

Pour répondre à cette question, nous étudierons tout d’abord  les procédés que Charles Baudelaire utilise pour décrire le paysage extérieur, le temps qui y règne, et le ressenti sur l’esprit de ceux qui le subissent. Dans un deuxième temps, nous évoquerons tous les procédés utilisés par Baudelaire pour exprimer son angoisse face à cette atmosphère macabre.

  • Lire le texte : elle doit être expressive et donner un aperçu de votre interprétation.
  • Rappeler la question : Par quels procédés Baudelaire parvient-il à nous faire ressentir tout son mal-être dans ce poème ?
  • Annoncer les grands axes :

I) Baudelaire nous fait ressentir tout son mal-être grâce à la description d’un univers  sombre et inquiétant qui agit sur l’état d’esprit et le moral de ceux qui le subissent. Le temps terriblement maussade qui règne dans cet univers lui inflige une souffrance aiguë.

II) Baudelaire nous fait ressentir tout son mal-être grâce à l’évocation appuyée par des images morbides de son angoisse face à cette atmosphère macabre.


Structure du poème : 

Les trois premiers quatrains débutent avec la répétition en anaphore de l’adverbe  temporel « quand » qui sont suivies de propositions circonstancielles de temps, coordonnées par la conjonction de coordination «  et » dans toutes les strophes :

  1. C’est quand le ciel est bas et lourd et que l’horizon embrasse le cercle, que le ciel verse un jour noir.
  2. C’est quand la terre est changée en un cachot humide, que les chauve-souris se cognent aux murs.
  3. C’est quand la pluie étale ses immenses traînées, qu’un peuple muet d’araignées vient tendre ses filets.

Nous nous apercevons donc qu’il y a une relation de causes à effets entre le climat désastreux et ses conséquences sur la terre, le ciel, les animaux, les cloches, et aussi sur le moral du poète et sur l’esprit en général (pronom personnel, 1ere pers du pluriel « nous, vers 4).

En effet, lorsque le ciel est bas, l’esprit gémit et s’ennuie. Quand la terre est changée en un cachot humide (métaphore de terre humide), l’Espérance (qui est comparée à une chauve-souris) s’en va. Enfin, quand il pleut , les cerveaux sont peuplés d’araignées.

La conséquence ultime de ces trois éléments réunis lorsqu’ils se déchaînent : le ciel en 1e strophe, la terre en 2e strophe, et la pluie en 3e strophe, se décline le long des deux dernières strophes. Ainsi, les cloches sautent avec furie et hurlent, les esprits geignent, les corbillards défilent et l’Angoisse plante son drapeau noir.

L’état d’esprit et le moral de ceux qui subissent ces éléments et en particulier du poète, empire au fur et à mesure de l’avancement du poème jusqu’au déchaînement de violences.  Les  plaintes et gémissements, sont subitement accompagnées de rébellions, voire de violences.

Furieuses, les cloches sautent et hurlent, et dans la guerre intérieure qui se déclenche dans le crâne du poète (adjectif possessif : mon) entre l’Espérance de voir que le temps s’améliore (écrit 2 fois avec une majuscule et en contre-rejet dans le vers 18) : L’Espérance » avec une majuscule est une allégorie (=notion abstraite personnifiée)) et l’angoisse qui est également personnifiée, c’est l’Angoisse qui gagne et qui plante son drapeau noir dans son cerveau (souffrance au propre et au figuré).

Explication du passage :

Baudelaire décrit, dès la 1ere strophe du poème, le ciel spleenétique. Le poème recèle de nombreux adjectifs fortement connotés (bas et lourd, noir, triste), deux verbes fortement imagés (pèse, verse) ainsi que des comparaisons, métaphores et rapprochements d’idées (comme un couvercle, en proie aux longs ennuis, plus triste que les nuits).

De même, le poète nous fait ressentir tout le mal-être  ambiant en employant le champs lexical de la noirceur (jour noir : oxymore), du poids du ciel (bas, le couvercle pèse, lourd), de l’humidité (pluie, humide, pourris, traînées,), de la tristesse, de la souffrance (geindre) et de l’enfermement (couvercle, vaste prison, barreaux), de la passivité (muet) et de la mort (corbillards).

Du ciel dépend, chez lui, tout un flot d’événements, car lorsqu’il est bas, et qu’il pleut, il verse un jour noir ( V4 – métaphore avec verser de l’eau), de la pluie drue qui transforme la terre en cachot humide et en prison.

Dans la strophe 4, ce n’est plus le ciel qui inflige de la tristesse et du malheur sur la terre. Les cloches (symbole du bruit, donc de la vie) qui sautent vers le ciel et les esprits qui geignent pour la deuxième fois, se rebellent.

Il y a donc un parallèle établi par Baudelaire entre la première strophe et la quatrième, parallèle qui renforce le sentiment d’enfermement des esprits.

Ainsi, ce terrible ciel agit sur l’état d’esprit et le moral de ceux qui le subissent en plus du poète (nous) . Le temps terriblement maussade qui règne dans cet univers leur inflige une souffrance aiguë, et leur esprit gémit.

Des images morbides face à cette atmosphère macabre se succèdent : cachot humide en v.5, plafonds pourris en V.8, immenses traînées V.9, vastes prisons, barreaux, filets, longs corbillards, drapeau noir.

Bien que l’Espoir existe (2 fois en majuscule), que les chauve-souris tentent de s’échapper avec leurs ailes timides, que les cloches sautent et que les esprits se plaignent, c’est l’Angoisse (personnalisée, avec plusieurs adjectifs : atroce, despotique (allitération en s))  qui termine vainqueur du combat.

Le poète incline sa tête (au sens propre et au figuré) devant les éléments qu’il ne peut changer, et devant sa propre souffrance morale.

 

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LXXVIII – Spleen

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l’horizon embrassant tout le cercle
II nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l’Espérance, comme une chauve-souris,
S’en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D’une vaste prison imite les barreaux,
Et qu’un peuple muet d’infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.
– Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l’Espoir,
Vaincu, pleure, et l’Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal

Comment analyser et commenter un extrait de Candide ou l’optimisme de Voltaire ?

Candide ou l’optimisme est paru en 1759. Candide est un conte en prose philosophique où Voltaire critique la vision optimiste en réaction envers certains philosophes de l’époque comme Leibniz.

Comment analyser et commenter un extrait de Candide

ou l’optimisme de Voltaire ?

 


Avant de commencer notre analyse de l’extrait de candide ou l’optimisme de Voltaire, nous devons réviser la biographie de Voltaire qui est un dramaturge du 18ème siècle (1694-1778) et un philosophe français qui écrivit contre l’intolérance (voir mon autre article sur Voltaire) . –

Centre d'Accompagnement en Français
Portrait de Voltaire

Candide ou l’optimisme est paru en 1759. Candide est un conte en prose philosophique où Voltaire critique la vision optimiste en réaction envers certains philosophes de l’époque comme Leibniz.

Recherche des axes : 

Trouver les axes et les sous-axes :

Tout d’abord, vous devez vous demander ce que dénonce Voltaire dans le nègre de Surinam. Autrement dit, à travers la réalité historique,  il veut faire réfléchir son lecteur sur  :

  • L’esclavage en dénonçant ses horreurs et ceux qui en profitent
  • Les procédés employés pour se procurer des esclaves
  • Une atteinte à la liberté
  • La religion chrétienne et ses partisans

Que constatez-vous sur le déroulement des événements en lisant cet  extrait ?

  • Candide et Cacambo rencontrent un nègre au bord d’un chemin, il leur raconte sa misérable vie qui se résume à peu de choses. Ses malheurs sont dus à un commerçant blanc.

Quel est le ton employé :

  • Ironie et humour noir pour nous faire sourire

Quel peut-être la problématique ?

Nous allons évoquer quelques problématiques possibles :

  • Une scène amusante au service de la critique
  • Comment ce texte parvient-il à dénoncer l’esclavage par le rire ?

Voici les informations essentielles qui vous permettront d’écrire une belle introduction et d’avoir vos axes de travail. A vous de jouer maintenant !!


CHAPITRE 19 – CE QUI LEUR ARRIVA À SURINAM, ET COMMENT CANDIDE FIT CONNAISSANCE AVEC MARTIN

     La première journée de nos deux voyageurs fut assez agréable. Ils étaient encouragés par l’idée de se voir possesseur de plus de trésors que l’Asie, l’Europe et l’Afrique n’en pouvaient rassembler. Candide, transporté, écrivit le nom de Cunégonde sur les arbres. À la seconde journée deux de leurs moutons s’enfoncèrent dans des marais, et y furent abîmés avec leurs charges ; deux autres moutons moururent de fatigue quelques jours après ; sept ou huit périrent ensuite de faim dans un désert ; d’autres tombèrent au bout de quelques jours dans des précipices. Enfin, après cent jours de marche, il ne leur resta que deux moutons. Candide dit à Cacambo : « Mon ami, vous voyez comme les richesses de ce monde sont périssables ; il n’y a rien de solide que la vertu et le bonheur de revoir Mlle Cunégonde. — Je l’avoue, dit Cacambo ; mais il nous reste encore deux moutons avec plus de trésors que n’en aura jamais le roi d’Espagne, et je vois de loin une ville que je soupçonne être Surinam, appartenant aux Hollandais. Nous sommes au bout de nos peines et au commencement de notre félicité. »

En approchant de la ville, ils rencontrèrent un nègre étendu par terre, n’ayant plus que la moitié de son habit, c’est-à-dire d’un caleçon de toile bleue ; il manquait à ce pauvre homme la jambe gauche et la main droite. « Eh, mon Dieu ! lui dit Candide en hollandais, que fais- tu là, mon ami, dans l’état horrible où je te vois ? — J’attends mon maître, M. Vanderdendur, le fameux négociant, répondit le nègre. — Est-ce M. Vanderdendur, dit Candide, qui t’a traité ainsi ? — Oui, monsieur, dit le nègre, c’est l’usage. On nous donne un caleçon de toile pour tout vêtement deux fois l’année. Quand nous travaillons aux sucreries, et que la meule nous attrape le doigt, on nous coupe la main ; quand nous voulons nous enfuir, on nous coupe la jambe : je me suis trouvé dans les deux cas. C’est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe. Cependant, lorsque ma mère me vendit dix écus patagons sur la côte de Guinée, elle me disait :  » Mon cher enfant, bénis nos fétiches, adore-les toujours, ils te feront vivre heureux, tu as l’honneur d’être esclave de nos seigneurs les blancs, et tu fais par là la fortune de ton père et de ta mère.  » Hélas ! je ne sais pas si j’ai fait leur fortune, mais ils n’ont pas fait la mienne. Les chiens, les singes et les perroquets sont mille fois moins malheureux que nous. Les fétiches hollandais qui m’ont converti me disent tous les dimanches que nous sommes tous enfants d’Adam, blancs et noirs. Je ne suis pas généalogiste ; mais si ces prêcheurs disent vrai, nous sommes tous cousins issus de germains. Or vous avouerez qu’on ne peut pas en user avec ses parents d’une manière plus horrible.

Extrait du chapitre 19 de Candide ou l’optimiste – le nègre de Surinam de Voltaire


Mais si vous désirez en savoir plus, vous pouvez m’envoyer un message dans le formulaire de contact ci-dessous  !

Analyse de « L’amour et le crâne » de Charles Baudelaire

Voici une proposition d’analyse de « l’amour et le crâne » de Charles Baudelaire pour la préparation d’un commentaire composé.

Avant de débuter l’étude de ce poème, je rappelle aux lecteurs que ce cours est gratuit, mais j’apprécierais un juste retour de la part de tous, car je ne donne pas que des cours de français. Je suis aussi depuis peu une écrivain.

Ainsi, ce blog est également dédié à la promotion de mes romans « La vie cachée de Mina M »,

et « Le pouvoir de la bague« 

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Voici une proposition d’analyse de « L’amour et le crâne » de Charles Baudelaire pour la préparation d’un commentaire composé.

« L’amour et le crâne » de Baudelaire

Tout d’abord, avant d’étudier ce poème, nous devons débuter par une biographie succincte de Charles Baudelaire.

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Charles Pierre Baudelaire est un poète né à Paris le 9 avril 1821 (la même année de que G. Flaubert) et mort à Paris le 31 août 1867 à l’âge de 46 ans. Grand poète du XIXème siècle, Charles Baudelaire est connu pour deux œuvres, les Fleurs du Mal et le spleen de Paris (le mot Spleen traduit chez Baudelaire l’ennui et le dégoût généralisé de la vie).

Ce recueil de poèmes publié en juillet 1857, très controversé et attaqué, met en lumière la dualité entre la violence et la volupté, le bien et le mal, la laideur et la beauté, l’enfer et le ciel.

Le projet poétique de Baudelaire : extraire la beauté du mal et de la perversité humaine et transfigurer par le travail poétique l’expérience douloureuse de l’âme humaine en proie aux malheurs de l’existence.

Il est condamné  pour outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs.

Les poèmes de Charles Baudelaire, qui a reçu de par sa naissance en 1821 un héritage classique, romantique et réaliste, sont par nature lyriques et rattachés au mouvement littéraire du symbolisme. Ce sont des poèmes réguliers à forme fixe où la beauté est recherchée pour tendre vers la perfection du texte. Le symbolisme est en opposition au monde matériel. les symbolistes recherchent la suprématie de la sensibilité et du plaisir des sensations, tout y est fugace et éphémère.

Croulant sous les dettes, il part en Belgique pour y donner des conférences. Mais en 1866, il commence à avoir des problèmes de santé. Il s’éteint un an plus tard (1867) des suites de la syphilis et de l’abus d’alcool, sans avoir été reconnu de son vivant, ce que l’aura profondément attristé. En 1868 sont publiés à titre posthume le Spleen de Paris et les Curiosités esthétiques.


L’Amour est assis sur le crâne

De l’Humanité,

Et sur ce trône le profane,

Au rire effronté,

Souffle gaiement des bulles rondes

Qui montent dans l’air,

Comme pour rejoindre les mondes

Au fond de l’éther.

Le globe lumineux et frêle

Prend un grand essor,

Grève et crache son âme grêle

Comme un songe d’or.

J’entends le crâne à chaque bulle

Prier et gémir:

– « Ce jeu féroce et ridicule,

Quand doit-il finir?

Car ce que ta bouche cruelle

Éparpille en l’air,

Monstre assassin, c’est ma cervelle,

Mon sang et ma chair.

« L’amour et le crâne » de Baudelaire

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Pour connaître son analyse, ma faire une demande par mail en vous abonnant à ce site. Merci !

Tout savoir sur l’Incipit avec Germinal de Zola

L’incipit (il commence) remplit trois fonctions : il informe, c’est-à-dire qu’il explique et décrit (qui, où, quand), intéresse pour entrer rapidement au coeur de l’action , suscite la curiosité du lecteur et propose un pacte de lecture (la nature du livre).

Tout savoir sur l’Incipit avec l’exemple de « Germinal de Zola »

L’Incipit correspond aux premières lignes du roman : il précise la nature du récit et le genre du texte.

L’incipit est primordial car il donne le ton comme une symphonie : une atmosphère étrange,  une situation extraordinaire, des sentiments violents ou dramatiques, une énigme, un mystère.

L’incipit (il commence) remplit trois fonctions :  il informe, c’est-à-dire qu’il explique et décrit (qui, où, quand), intéresse pour entrer rapidement au coeur de l’action , suscite la curiosité du lecteur et propose un pacte de lecture (la nature du livre).


téléchargement

Germinal – Zola – Extrait de la première partie chapitre 1

Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d’une obscurité et d’une épaisseur d’encre, un homme suivait seul la grande route de Marchiennes à Montsou, dix kilomètres de pavé coupant tout droit, à travers les champs de betteraves. Devant lui, il ne voyait même pas le sol noir, et il n’avait la sensation de l’immense horizon plat que par les souffles du vent de mars, des rafales larges comme sur une mer, glacées d’avoir balayé des lieues de marais et de terres nues. Aucune ombre d’arbre ne tachait le ciel, le pavé se déroulait avec la rectitude d’une jetée, au milieu de l’embrun aveuglant des ténèbres.
L’homme était parti de Marchiennes vers deux heures. Il marchait d’un pas allongé, grelottant sous le coton aminci de sa veste et de son pantalon de velours. Un petit paquet, noué dans un mouchoir à carreaux, le gênait beaucoup ; et il le serrait contre ses flancs, tantôt d’un coude, tantôt de l’autre, pour glisser au fond de ses poches les deux mains à la fois, des mains gourdes que les lanières du vent d’est faisaient saigner. Une seule idée occupait sa tête vide d’ouvrier sans travail et sans gîte, l’espoir que le froid serait moins vif après le lever du jour. Depuis une heure, il avançait ainsi, lorsque sur la gauche à deux kilomètres de Montsou, il aperçut des feux rouges, trois brasiers brûlant au plein air, et comme suspendus. D’abord, il hésita, pris de crainte ; puis, il ne put résister au besoin douloureux de se chauffer un instant les mains.
Un chemin creux s’enfonçait. Tout disparut. L’homme avait à droite une palissade, quelque mur de grosses planches fermant une voie ferrée ; tandis qu’un talus d’herbe s’élevait à gauche, surmonté de pignons confus, d’une vision de village aux toitures basses et uniformes.
Il fit environ deux cents pas. Brusquement, à un coude du chemin, les feux reparurent près de lui, sans qu’il comprît davantage comment ils brûlaient si haut dans le ciel mort, pareils à des lunes fumeuses. Mais, au ras du sol, un autre spectacle venait de l’arrêter. C’était une masse lourde, un tas écrasé de constructions, d’où se dressait la silhouette d’une cheminée d’usine ; de rares lueurs sortaient des fenêtres encrassées, cinq ou six lanternes tristes étaient pendues dehors, à des charpentes dont les bois noircis alignaient vaguement des profils de tréteaux gigantesques ; et, de cette apparition fantastique, noyée de nuit et de fumée, une seule voix montait, la respiration grosse et longue d’un échappement de vapeur, qu’on ne voyait point.

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Questions : le personnage principal est-il présenté ? : oui, il est introduit dans le récit à la troisième personne du singulier  » il ». Nous savons qu’il est ouvrier , qu’il est seul, qu’il cherche du travail, qu’il a froid…;

Le lieu de l’action est-il connu ? : oui, l’action se déroule en extérieur, à la campagne, sur la grande route de Marchiennes à Montsou.

Les sens : la vue est sollicitée avec des tons sombres, obscurs, noirs ainsi que les volumes avec dix kilomètres de pavés, les champs de betterave, un talus d’herbe, un village aux toitures basses, une cheminée d’usine, ….

L’époque de l’action est-elle présentée ? : oui, les circonstances sont relatées : mois de mars (calendrier révolutionnaire),  par une nuit noire et glaciale.

Cet incipit nous intéresse-t-il ? Oui, car il campe une atmosphère, provoque des questions (pourquoi cet homme marche-t-il la nuit avec cette température hivernale ? Qui est-il ?, que porte-t-il, que fait-il ?) ..; et annonce une ou plusieurs thématiques comme  la recherche d’un travail, la solitude, la pauvreté, …

Quel est le contrat de lecture proposé entre l’auteur et le lecteur ? Cet Incipit, indique que c’est un début de récit réaliste : référence à un lieu précis et réel, l’histoire racontée se confond avec la réalité. Son début ‘ in média res » plonge le lecteur dans l’action en cours. La description de la nature permet de suggérer les sentiments et les émotions du personnage (le décor chez Zola suggère la psychologie du personnage). Enfin, l’histoire est racontée au passé.

L’incipit donne envie de lire le texte  : il nous pousse à continuer ou à abandonner. Pour réussir à accrocher l’intérêt du lecteur, l’écrivain doit séduire et retenir  le lecteur, ce qui est le cas pour l’incipit de Germinal de Zola.

Voir l’analyse de Germinal de Zola dans une seconde partie.

Méthodologie de l’étude des questions du corpus

Pour commencer cette séance sur la(les) question(s) du corpus du début de l’épreuve écrite du bac français, je vais vous prodiguer mes conseils généraux sur cette première épreuve à ne pas négliger. Bien qu’elle ne soit notée que sur 4 points en séries générales, il faut rédiger, argumenter et illustrer précisément vos réponses.

Méthodologie de l’étude des questions du corpus

Pour commencer cette séance de méthodologie de l’étude de la (des) question(s) du corpus du début de l’épreuve écrite du bac français, je vais vous prodiguer mes conseils généraux sur cette première épreuve à ne pas négliger. Bien qu’elle ne soit notée que sur 4 points en séries générales, il faut rédiger, argumenter et illustrer précisément vos réponses.

 Voici le déroulement du travail que je préconise en tenant compte de la gestion du temps de l’épreuve écrite du bac français qui est primordiale pour éviter le stress.

Lorsque vous avez enfin votre devoir sous les yeux, vous regardez en premier :

  • les titres et les auteurs,
  • les genres et les années de publications des oeuvres.

Immédiatement vous commencerez à avoir une idée de l’environnement historique des oeuvres.


Par exemple, si vous avez un corpus avec un premier texte extrait de « La Fortune des Rougon » d’Emile Zola publié en 1871, un deuxième texte extrait des « Misérables » de Victor Hugo publié en 1862 et un troisième extrait de texte  de « l’Education sentimentale »de Flaubert publié en 1869, que constatez- vous en premier ?

Les trois extraits datent du XXe siècle, or c’était l’époque des trois mouvements littéraires : le romantisme pour Hugo, le réalisme ou roman du vrai pour Flaubert, et le naturalisme pour Zola, sachant que le naturalisme cherche à introduire dans les romans réalistes la méthode des sciences humaines et sociales, appliquée à la médecine par Claude Bernard.

L’idéal serait d’avoir quelques connaissances sur le contexte historique  du XIXe siècle pour comprendre les genres littéraires :

Victor Hugo a commencé à rédiger les « Misérables » en 1832 avec Gavroche qui représente les Misérables à l’âge de 30 ans et durant les émeutes contre Louis-Philippe à Paris et la monarchie de juillet;

Gustave Flaubert  a débuté son ouvrage « L’éducation sentimentale »  à 47 ans durant le mois de février 1848, la révolution de février, les journées révolutionnaires,  le saccage des Tuileries et l’abdication de louis-Philippe.

Quant à Emile Zola, il a rédigé la « Fortume des Rougon »  dans les années 1853-52 lors du coup d’état  de Louis Napoléon Bonaparte, des insurrections et la proclamation du second empire de Napoélon III.


Ainsi, nous voyons que  l’histoire peut nous en apprendre beaucoup sur ces extraits, et que notre premier point commun est la mise en scène des soulèvements populaires contre le pouvoir en place  !!


Reprenons notre méthodologie :

  1. Vous lisez maintenant les trois questions du corpus afin de savoir quelles sont les attentes des examinateurs et savoir quel est le texte retenu pour le commentaire composé. 
  2. Il faut ensuite lire les textes de manière active dès la première lecture, c’est-à-dire avec des stabilos et une feuille de brouillon devant soi soulignez les mots clefs et les expressions importantes, le thème de chaque texte (en un deux-trois  mots pas plus sachant que la plupart du temps, cette question porte sur :

– les thèmes (la guerre, la liberté, l’utopie…) et la façon dont ils sont traités ;

– les registres (lyrique, pathétique, polémique…) ;

– ou encore le but (la compassion du lecteur, l’argumentation d’une thèse…).),

les verbes, les champs lexicaux…

En tout il faut compter, lecture des textes comprise une heure et c’est court.

  • Puis dans la colonne de gauche de votre brouillon, vous notez les points communs entre les textes en essayant de répondre le plus globalement possible en organisant ses idées;

Vous devez compter environ une page pour répondre aux questions, ne dépassez jamais deux pages. On attend de vous un travail synthétique et concis.

Votre réponse comportera :

– une introduction (généralement d’une phrase) : présenter le corpus, rappeler la question,

– un développement,

– une conclusion qui répond à la question et ouverture d’une perspective.


Il ne faut jamais faire une partie par texte (partie I : texte A ; partie II : texte B…).

Au contraire, il faut rassembler les textes qui ont des points communs, et prendre les différents thèmes pour chaque partie : ce n’est juste qu’un exemple de plan ;

  • Le plan ne doit pas être aussi détaillé que pour celui du commentaire (ou de la dissertation…), il s’agit simplement de répondre de manière organisée sans se répéter.

Ensuite, la réponse doit être rédigée en suivant le plan. Chaque idée et chaque argument doivent être illustrés par un exemple c’est-à-dire une référence au texte.

A la fin, relisez-vous pour chasser les fautes d’orthographe et de syntaxe.

Commentaire de texte bac : l’aveugle de Guy de Maupassant

Dans ce cours, je propose à mes élèves de les accompagner dans l’étude d’un plan détaillé pour la composition d’un commentaire composé pour les épreuves du bac sur le texte « l’aveugle » de Guy de Maupassant.

Avant de débuter l’étude de ce texte, je rappelle aux lecteurs que ce cours est gratuit, mais j’apprécierais un juste retour de la part de tous, car je ne donne pas que des cours de français.

Je suis aussi depuis janvier 2020 écrivain. Ainsi, ce blog est également dédié à la promotion de mon roman « La vie cachée de Mina M ».

En novembre, je viens de publier un autre roman :

« Le pouvoir de la bague. »

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Commentaire de texte bac : l’aveugle de Guy de Maupassant

Dans ce cours, je propose à mes élèves de les accompagner dans l’étude d’un plan détaillé en vue de la composition d’un commentaire composé pour les épreuves du bac sur le texte « l’aveugle » de Guy de Maupassant paru en 1882.


Cours de français à distance de centre d'accompagnemet en français
L’aveugle de G.de. Maupassant

Guy de MAUPASSANTné en 1850 est un grand écrivain français, lié à Emile Zola et à G. Flaubert.  Gustave Flaubert, né en 1821 fut le maître du jeune G. De Maupassant. En effet, G.de Maupassant suivit ses conseils, ses idées, ses méthodes d’observation et de composition. Ce fut son élève pendant plusieurs années.

Ses romans (Une vie en 1883, Bel ami en 1885, Pierre et Jean en 1888), ses contes et ses nouvelles (Boule de suif en 1880, les contes de la bécasse en 1883, Le Horla en 1886) composés entre réalisme et fantastique, mettent en scène un certain pessimisme. Le style, la description, la conception et la pénétration s’échappent de sa plume féconde.

Durant les dernières années de Maupassant, se développent en lui un amour exagéré pour la solitude, un instinct de conservation maladif, une crainte constante de la mort, et une certaine paranoïa, dus à une probable prédisposition familiale, sa mère étant dépressive et son frère mort fou, mais surtout à la syphilis, contractée pendant ses jeunes années.  Il est mort le  à Paris.


« L’Aveugle » fut publié dans le journal « Le Gaulois » du 31 mars 1882. Cette nouvelle est une nouvelle réaliste cruelle. Elle est extraite de « Contes divers » sortis la même année.


Voici une problématique : 

Comment l’intérêt du lecteur est-il suscité dans cette nouvelle ?


Dans cette nouvelle en forme de conte, G de MAUPASSANT suscite l’intérêt du lecteur dès le début en expliquant à travers les yeux d’un narrateur l’intérêt de posséder tous ses sens dont celui de la vue pour être heureux de vivre. Puis, il prend l‘exemple d’un aveugle pour étayer sa thèse. C’est le début du conte relaté dans un registre pathétique afin d’inspirer au lecteur des émotions fortes devant des situations injustes et inhumaines. Ce conte est aussi un apologue, car nous pouvons constater qu’il se dégage une morale du destin tragique de cet aveugle : plus l’homme est vulnérable, faible et incapable de se défendre, plus l’être humain (sa famille, les voisins, les paysans), la société, la nature (la neige) et même les animaux (les chiens, les chats, les corbeaux) deviennent cruels avec lui au point de souhaiter ou de favoriser sa mort. Autrement dit : La faiblesse extrême due à un handicap ou à une infirmité (la cécité) et la peur de la différence, libèrent chez les personnes mal intentionnées une attitude malveillante : méchanceté voire cruauté, avarice, sadisme, barbarie, bestialité ; Parce qu’il est aveugle, il devient un paria, un souffre-douleur, un martyr dont on veut se débarrasser.


Afin d’établir un plan très détaillé qui servira de base à un commentaire composé, nous allons étudier le texte de manière linéaire.

I – Une nouvelle qui défend une thèse  : voir le ciel, le soleil et les couleurs rend heureux et l’inverse rend morose et pitoyable. Elle montre également l’émotion et l’empathie du narrateur  à la fin de la nouvelle.

1) Forte implication du narrateur au début et à la fin de la nouvelle : marques de modalisation (je,..). Pensée mélancolique pour le gueux.

2) Voir :  le sens de la vue important pour le bonheur : emploi répété de questions ? Emploi d’adjectifs qualificatifs de couleur aux lignes 2 et 3….nombreuses répétitions (envie) et champ lexical du bonheur.

 Transition   Il ne peut jouir des couleurs car il est aveugle. L’auteur nous montre explicitement ce contraste. Choix des mots antithétiques entre le premier paragraphe et le second.

II – Le conte L’aveugle, conte cruel  (exemple pour étayer sa thèse)

  1. Description de l’aveugle : horrible infirmité, figure toute pâle, impassible, …

Figures de style : Périphrase : Seules ses paupières, qu’agitait une sorte de souffrance nerveuse, retombaient parfois sur la tache blanche de ses yeux. La cécité est représentée par la tâche blanche de ses yeux.

Comparaisons : deux grands yeux blancs comme des pains à cacheter.

  • Les paysans feraient volontiers comme les poules qui tuent les infirmes d’entre elles.

2- Le malheur de l’aveugle : gradation dans la haine et la violence à son égard.

      Sa souffrance – sa soumission (champs lexicaux), la moquerie de son entourage : comparé à un fainéant et à un manant, mal nourri, victime de jeux de plus en plus cruels. Comparé à une bête.

     Son sort : il est victime de maltraitances physiques de la part de toute la communauté (le jeu des baffes). Il est obligé de mendier pour être nourri.  On ne vient pas le chercher à la fin de la journée et on le laisse mourir de froid dans la neige (mort blanche). Enfin, il est dévoré par les corbeaux. (Pour la mort blanche, il faut relever le contraste funèbre de la noirceur des corbeaux / antithèse).

Conclusion :

Guy De Maupassant présente dans cette nouvelle l’importance du sens de la vue à travers le conte de l’aveugle. Il dénonce également avec réalisme la cruauté du monde paysan.


Texte 

L’AVEUGLE    Qu’est-ce donc que cette joie du premier soleil ? Pourquoi cette lumière tombée sur la terre nous emplit-elle ainsi du bonheur de vivre ? Le ciel est tout bleu, la campagne toute verte, les maisons toutes blanches ; et nos yeux ravis boivent ces couleurs vives dont ils font de l’allégresse pour nos âmes. Et il nous vient des envies de danser, des envies de courir, des envies de chanter, une légèreté heureuse de la pensée, une sorte de tendresse élargie, on voudrait embrasser le soleil.
Les aveugles sous les portes, impassibles en leur éternelle obscurité, restent calmes comme toujours au milieu de cette gaieté nouvelle, et, sans comprendre, ils apaisent à toute minute leur chien qui voudrait gambader.
Quand ils rentrent, le jour fini, au bras d’un jeune frère ou d’une petite soeur, si l’enfant dit : « Il a fait bien beau tantôt ! », l’autre répond : « Je m’en suis bien aperçu, qu’il faisait beau, Loulou ne tenait pas en place. »
J’ai connu un de ces hommes dont la vie fut un des plus cruels martyres qu’on puisse rêver.
C’était un paysan, le fils d’un fermier normand. Tant que le père et la mère vécurent, on eut à peu près soin de lui ; il ne souffrit guère que de son horrible infirmité ; mais dès que les vieux furent partis, l’existence atroce commença. Recueilli par une soeur, tout le monde dans la ferme le traitait comme un gueux qui mange le pain des autres. A chaque repas, on lui reprochait la nourriture ; on l’appelait fainéant, manant ; et bien que son beau-frère se fût emparé de sa part d’héritage, on lui donnait à regret la soupe, juste assez pour qu’il ne mourût point.
Il avait une figure toute pâle, et deux grands yeux blancs comme des pains à cacheter ; et il demeurait impassible sous l’injure, tellement enfermé en lui-même qu’on ignorait s’il la sentait. Jamais d’ailleurs il n’avait connu aucune tendresse, sa mère l’ayant toujours un peu rudoyé, ne l’aimant guère ; car aux champs les inutiles sont des nuisibles, et les paysans feraient volontiers comme les poules qui tuent les infirmes d’entre elles.
Sitôt la soupe avalée, il allait s’asseoir devant la porte en été, contre la cheminée en hiver, et il ne remuait plus jusqu’au soir. Il ne faisait pas un geste, pas un mouvement ; seules ses paupières, qu’agitait une sorte de souffrance nerveuse, retombaient parfois sur la tache blanche de ses yeux. Avait-il un esprit, une pensée, une conscience nette de sa vie ? Personne ne se le demandait.
Pendant quelques années les choses allèrent ainsi. Mais son impuissance à rien faire autant que son impassibilité finirent par exaspérer ses parents, et il devint un souffre-douleur, une sorte de bouffon-martyr, de proie donnée à la férocité native, à la gaieté sauvage des brutes qui l’entouraient.
On imagina toutes les farces cruelles que sa cécité put inspirer. Et, pour se payer de ce qu’il mangeait, on fit de ses repas des heures de plaisir pour les voisins et de supplice pour l’impotent.
Les paysans des maisons prochaines s’en venaient à ce divertissement ; on se le disait de porte en porte, et la cuisine de la ferme se trouvait pleine chaque jour. Tantôt on posait sur la table, devant son assiette où il commençait à puiser le bouillon, quelque chat ou quelque chien. La bête avec son instinct flairait l’infirmité de l’homme et, tout doucement, s’approchait, mangeait sans bruit, lapant avec délicatesse ; et quand un clapotis de langue un peu bruyant avait éveillé l’attention du pauvre diable, elle s’écartait prudemment pour éviter le coup de cuiller qu’il envoyait au hasard devant lui.
Alors c’étaient des rires, des poussées, des trépignements des spectateurs tassés le long des murs. Et lui, sans jamais dire un mot, se remettait à manger de la main droite, tandis que, de la gauche avancée, il protégeait et défendait son assiette.
Tantôt on lui faisait mâcher des bouchons, du bois, des feuilles ou même des ordures, qu’il ne pouvait distinguer.
Puis on se lassa même des plaisanteries ; et le beau-frère enrageant de le toujours nourrir, le frappa, le gifla sans cesse, riant des efforts inutiles de l’autre pour parer les coups ou les rendre. Ce fut alors un jeu nouveau : le jeu des claques. Et les valets de charrue, le goujat, les servantes, lui lançaient à tout moment leur main par la figure, ce qui imprimait à ses paupières un mouvement précipité. Il ne savait où se cacher et demeurait sans cesse les bras étendus pour éviter les approches.
Enfin, on le contraignit à mendier. On le portait sur les routes les jours de marché, et dès qu’il entendait un bruit de pas ou le roulement d’une voiture, il tendait son chapeau en balbutiant : « La charité, s’il vous plaît. »
Mais le paysan n’est pas prodigue, et, pendant des semaines entières, il ne rapportait pas un sou.
Ce fut alors contre lui une haine déchaînée, impitoyable. Et voici comment il mourut.
Un hiver, la terre était couverte de neige, et il gelait horriblement. Or son beau-frère, un matin, le conduisit fort loin sur une grande route pour lui faire demander l’aumône. Il l’y laissa tout le jour, et quand la nuit fut venue, il affirma devant ses gens qu’il ne l’avait plus retrouvé. Puis il ajouta : « Bast ! faut pas s’en occuper, quelqu’un l’aura emmené parce qu’il avait froid. Pardié ! i n’est pas perdu. I reviendra ben d’main manger la soupe. »
Le lendemain, il ne revint pas.
Après de longues heures d’attente, saisi par le froid, se sentant mourir, l’aveugle s’était mis à marcher. Ne pouvant reconnaître la route ensevelie sous cette écume de glace, il avait erré au hasard, tombant dans les fossés, se relevant, toujours muet, cherchant une maison.
Mais l’engourdissement des neiges l’avait peu à peu envahi, et ses jambes faibles ne le pouvant plus porter, il s’était assis au milieu d’une plaine. Il ne se releva point.
Les blancs flocons qui tombaient toujours l’ensevelirent. Son corps raidi disparut sous l’incessante accumulation de leur foule infinie ; et rien n’indiquait plus la place où le cadavre était couché.
Ses parents firent mine de s’enquérir et de le chercher pendant huit jours. Ils pleurèrent même.
L’hiver était rude et le dégel n’arrivait pas vite. Or, un dimanche, en allant à la messe, les fermiers remarquèrent un grand vol de corbeaux qui tournoyaient sans fin au-dessus de la plaine, puis s’abattaient comme une pluie noire en tas à la même place, repartaient et revenaient toujours.
La semaine suivante, ils étaient encore là, les oiseaux sombres. Le ciel en portait un nuage comme s’ils se fussent réunis de tous les coins de l’horizon ; et ils se laissaient tomber avec de grands cris dans la neige éclatante, qu’ils tachaient étrangement et fouillaient avec obstination.
Un gars alla voir ce qu’ils faisaient, et découvrit le corps de l’aveugle, à moitié dévoré déjà, déchiqueté. Ses yeux pâles avaient disparu, piqués par les longs becs voraces.
Et je ne puis jamais ressentir la vive gaieté des jours de soleil, sans un souvenir triste et une pensée mélancolique vers le gueux, si déshérité dans la vie que son horrible mort fut un soulagement pour tous ceux qui l’avaient connu.



Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline, les thèmes développés

Au sortir de la guerre, de Gaulle s’interrogeait : de nos jours, le machinisme domine l’univers. De là s’élève le grand débat du siècle : la classe ouvrière sera-t-elle victime ou bénéficiaire du progrès mécanique en cours ?

Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline, les thèmes développés.


Les thèmes développés par L.F Céline sont de plusieurs ordres.

La plupart de ces thèmes sont toujours d’actualité comme nous pouvons le constater ci-dessous : le machinisme, le colonialisme, le taylorisme, l’interrogation sur la place de l’Homme au sein de l’économie ou la rugosité d’un système social qui broie et avilit les couches inférieures.


Au sortir de la guerre, De Gaulle s’interrogeait : de nos jours, le machinisme domine l’univers. De là s’élève le grand débat du siècle : la classe ouvrière sera-t-elle victime ou bénéficiaire du progrès mécanique en cours ?

La parcellisation du travail due à l’application du taylorisme vidait un certain nombre de métiers de leur sens, entraînant une véritable crise d’identité.

De nos jours, les nouvelles technologies de communication ont à nouveau révolutionné le monde du travail de sorte que la question du Général reste d’actualité.

De plus, la tyrannie de l’objectif à atteindre au sein des entreprises, l’éloge de la flexibilité et la menace de la précarité renforcent l’interrogation sur la place de l’Homme au sein de l’économie.

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Louis Ferdinand Destouches

La voix dissidente de nombreux artistes dont Louis Ferdinand Céline s’est élevé pour éveiller les consciences.

Comment a-t fait-elle perdurer les valeurs humanistes ?

Il convient ici d’observer que les oeuvres de L.F Céline sont celles d‘un auteur soucieux de nous exposer le monde. Ce souci est celui d’un homme qui s’est heurté au fracas de la civilisation et ne pense qu’à la retranscrire. La société mutait en permanence, s’avilissait sans cesse et ces oeuvres en étaient le compte-rendu.

Ainsi à l’image de Montaigne, Céline usait de la satire afin de faire émerger de son récit autant de réflexions sur l’Homme en mettant en scène un narrateur doté d’un sens aigu de l’observation et de la satire comme dans « Des coches ».

Il s’agit là d’une dimension didactique qui révèle la fonction essentielle de ces romans, celle de dévoiler. La part personnelle liée aux expériences de Bardamu (voyage au bout de la nuit) rencontre une part plus universelle, celle des considérations générales et philosophiques qu’il expose.

L.F Céline retranscrit le poids de la hiérarchie, accablante et humiliante. A travers différentes expériences, Bardamu constate les disparités existantes entre les groupes sociaux illustrant la rigidité, voire la rugosité d’un système social qui broie et avilit les couches inférieures de cette organisation comme les dominants.

C’est le cas lors de son séjour en Afrique où comme nous l’avons rappelé l’organisation coloniale est une transposition du système social occidental avec le directeur de la compagnie et le Gouverneur placés en haut de la pyramide sociale intégrant à sa base les marginaux comme Bardamu, Robinson et les indigènes.

C’est le cas également à Détroit lorsque Bardamu travaille à l’usine dans des conditions épouvantables. Partout règne la misère et partout il est face à des supérieurs méprisants, avilis en Afrique: « Ce ne fut pas une réception enchantée qu’il me réserva le Directeur ».

Ce maniaque-il faut l’appeler par son nom habitait non loin du Gouvernement ou encore plus tard au moment de la visite médicale chez Ford lorsque le médecin lui précise: « Nous n’avons pas besoin d’imaginatifs dans notre usine. C’est de chimpanzés dont nous avons besoin…».

Pour autant il semble que chez Céline, ce soit bien la nature invariante de l’homme, ses instincts qui sont à mettre en cause et non le conditionnement qu’il subirait de la part de tel ou tel groupe social, ainsi dans les colonies, certains noirs dépourvus de tout sentiment de classe s’affranchissent de leur base et en cela entérinent la cruauté d’un système fondé sur l’exploitation: « Mais les plus dégourdis, les plus contaminés, devenaient des commis de magasin.

En boutique, on les reconnaissait les commis nègres à ce qu’ils engueulaient passionnément les autres Noirs. ».

Ce dernier point permet à Céline d’accentuer la pesanteur d’un système pernicieux et pourtant inaliénable tant ses fruits viciés répondent aux bas instincts de l’homme.


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