L’instant présent de Guillaume Musso

Un roman au suspense haletant.

Je comprends que ce romancier ait du succès.

C’est le premier roman de Guillaume Musso que je lis. Publié en 2015, L’instant présent serait comme tous les ouvrages de Guillaume Musso, un bon livre commercial.

Me concernant, je l’ai abordé sans préjugés et je n’ai pas été déçue, bien au contraire.

D’emblée, on entre dans une histoire frappante et mystérieuse, ce qui nous incite à poursuivre la lecture. Intrépide, le héros ne recule pas devant les dangers, et bien souvent on tremble avec lui.

Il n’y a aucun temps mort et l’on va de surprises en surprises. Le synopsis est haletant.

Le chef d’orchestre Musso fait franchir à son récit de nombreuses portes, toujours plus lointaines et plus hautes, et moi, je suis scotchée.

Sans tout dévoiler, il y a des jeux de miroirs puissants entre la vie et la fiction et des mises en abyme très bien construites qui remettent en question toute nos croyances.

Le clandestin – poème en prose

Son abri, il l’avait confectionné sur la plage

loin des curieux, face à la mer.

Il avait assemblé des cartons, taillé des piquets

et regroupé des branches et tôles ondulées.

 

Les pêcheurs s’étaient habitués à lui

ils disaient entre eux que c’était un clandestin

 qui avait déjoué les contrôles

et avait survécu à la traversée de la méditerranée .

 

Moi je pensais que c’était un aventurier

je l’avais croisé un jour au marché

il y déambulait toute la journée

ses yeux noirs avaient glissé.

 

Depuis je le pistais

Chaque jour, il allait dans le village

ramassait les fruits tombés de l’étal

et le soir s’asseyait dans son abri face à la mer.

 

Sa peau était très noire, encore plus que la mienne,

Il était du sud, de la brousse,

Les gens s’écartaient, quand de loin, ils l’apercevaient

ici on n’aimait pas les africains.

 

Moi j’enviais sa liberté

ses bains, ses vagues

la banane qu’il épluchait, le poisson qu’il cuisait

Son silence face à la mer.

 

Un matin, il souriait au vent

deux hommes sont descendus de la dune

des militaires en treillis vert.

J’ai vu et entendu.

 

J’ai vu le coup de pied dans les cartons,

les branches et les tôles jetées au loin

j’ai vu la corde qui a servi à attacher ses pieds

et les pêcheurs qui se cachaient.

 

J’ai entendu le coup dans le dos

le cliquetis de la serrure, des menottes

la marche sur la plage entre les volutes de sable.

Puis je n’ai plus rien vu ni entendu.

 

Ecrit par Béatrice Monge (tout droit de reproduction est interdit sans mon consentement. Merci)