Oral du bac : discours d’Ernest Renan, Science et progrès moral

Avant de débuter l’étude de ce texte, je rappelle aux lecteurs que ce cours est gratuit, mais j’apprécierais un juste retour de la part de tous, car je ne donne pas que des cours de français.

Je suis aussi depuis janvier 2020 écrivain. Ainsi, ce blog est également dédié à la promotion de mon roman « La vie cachée de Mina M ».

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Nous allons débuter notre analyse en vue de préparer ensemble une simulation d’oral du bac français.  Voici tout d’abord quelques rappels méthodologiques :

A l’oral  : ce qui est demandé au candidat :

  • une bonne capacité d’analyse critique

  • De prendre en compte la question qui est posée et d’y apporter une réponse précise et détaillée

  • Faire un plan détaillé de votre explication, ce qui vous permettra d’énoncer l’idée directrice de chaque axe.

« Discours » d’Ernest Renan, Science  et progrès moral

Texte : Ernest Renan, Discours. […]

Ai-je réussi à vous montrer, Messieurs, que ces études 1 en apparence réservées à un petit nombre sont des mères fécondes de découvertes dont tous profitent, que le peuple a le plus grand intérêt à ce qu’il y ait des savants qui travaillent à agrandir le cercle des connaissances humaines, que les plus belles inventions sortent de travaux d’abord obscurs et solitaires ? Et ces inventions ne sont rien, comparées à ce qu’on pourrait faire. Et le bien qui en est résulté pour le peuple n’est rien, comparé à celui qui en sortira. Songez qu’il n’y a que cent ans à peine que l’on applique sérieusement la science aux besoins de la vie. Que les machines et les inventions nouvelles soient parfois une cause momentanée de trouble et de gêne pour l’ouvrier, c’est ce qui arrive malheureusement, car les transformations sociales se font lentement, ou du moins ne vont pas du même pas que les inventions ; l’équilibre met du temps à se rétablir. Mais je n’ai aucun doute sur l’avenir. Je suis convaincu que les progrès de la mécanique, de la chimie, seront la rédemption 2 de l’ouvrier ; que le travail matériel de l’humanité ira toujours en diminuant et en devenant moins pénible, que, de la sorte, l’humanité deviendra plus libre de vaquer à une vie heureuse, morale, intellectuelle. Jusqu’ici la culture de l’esprit n’a pu être qu’une chose de luxe, car les besoins matériels sont impérieux, il faut avant tout les satisfaire. La condition essentielle du progrès est que cette satisfaction devienne de plus en plus facile, et il n’est pas trop hardi de prévoir un avenir où, avec quelques heures de travail peu pénible, l’homme acquittera sa dette de travail, rachètera sa dette de liberté. Soyez sûr que c’est à la science que l’on devra ce résultat. Aimez la science, Messieurs, respectez-la. Croyez-le, c’est la meilleure amie du peuple, la plus sûre garantie de ses progrès. […]

Ernest Renan, Discours prononcé le 1er mai 1869 à l’occasion de sa candidature aux élections législatives. 1.images

Déroulement de l’épreuve :

Historien et philosophe du XIX ème siècle du mouvement positiviste, cet extrait de Conférence est un discours argumentatif et informatif prononcé à Lagny en 1869, dans lequel  Ernest Renan soutient l’importance des sciences qu’il lie au progrès et à la liberté de l’homme.


Plan du travail en vue de l’oral :

  • Rappeler la question : Comment Ernest Renan cherche-t-il à communiquer sa confiance en la Science ?
  • Annoncer les grands axes : 

I -Un discours argumentatif percutant et convaincant

  1. Argumentation construite et rhétorique implacable
  2. La Science aura une incidence sur l’avenir en améliorant la vie des ouvriers

II-Qui fait l’éloge de la science et du progrès et de ses bienfaits pour le peuple

  1. Accroissement des connaissances humaines et d’inventions intéressantes
  2. Eloge de la vie heureuse, et de la culture de l’esprit;

Explication du passage : 

 1) Argumentation construite et rhétorique (art d’agir par la parole sur les opinions et les émotions – puissance du verbe) implacable

Le discours, très structuré, percutant et pédagogue cherche à capter l’adhésion du public (masculin certainement) en l’interpellant régulièrement, et ce dès la 1ere ligne (« Messieurs »), et en lui posant une question, ce qui l’invite  à réfléchir avec lui.

Il utilise également le mode impératif à la ligne 5, 16 et 17 (Songez, aimez, respectez-la, croyez-le)

Afin d‘asseoir sa légitimité et donner confiance à son auditoire, Ernest Renan évoque « un petit nombre  de savants solitaires (on) (dont il fait partie) qui oeuvre pour le bien du peuple et pour le progrès de l’humanité. Son texte est rationnel, personnel avec l’introduction du « je » à la ligne 9.

E.Renan utilise également des arguments d’autorité historiques (Il y a cent à peine que l’on applique la science aux besoins de la vie). Il jongle avec le temps : par le passé (le bien qui en a résulté pour le peuple), le présent (les machines peuvent être cause de troubles….) et le futur qui occupe toute la deuxième partie de ce discours;

 E.Renan se sert de plusieurs phrases emphatiques commençant par « c’est » pour mettre en valeur ces idées et surtout le terme  » science » : « C’est ce qui arrive malheureusement », «  »c’est à la science que l’on devra ce résultat », « c’est la meilleure amie du peuple ».

Il emploie également des phrases déclaratives  en chaîne : « depuis songez….ouvrier », je suis convaincu…intellectuelle, la condition essentielle…liberté.

Même si E.Renan concède que les machines et les inventions sont parfois des causes et de troubles et de gênes pour l’ouvrier, son lexique est très précis et est toujours mélioratif et valorisant. Il fait appel à la fois à la raison du destinataire (pour le convaincre du bien- fondé de ses propos en déroulant une argumentation solide et plusieurs superlatifs), et à ses sentiments pour le persuader   :  » tous profitent », « mères fécondes, plus grand intérêt, plus belles inventions, plus libre, vie heureuse, meilleure amie, la plus sûre garantie…. »

D’autre part, E.Renan avec le choix de ses verbes, affirme sa certitude d’être dans le vrai ; il use d’expression qui traduisent son assurance, sa confiance dans ses idées avec des groupes verbaux comme : « je n’ai aucun doute, je suis convaincu, il n’est pas trop hardi, et aussi des futurs avec deviendra, , acquittera, rachètera, …

Dans la conclusion de ce passage (2 dernières phrases), E.Renan interpelle à nouveau le public.

-La thèse défendue est clairement exprimée dès le départ : Chaque découverte de l’esprit constitue un progrès pour l’humanité.

2)  : La Science aura une incidence sur l’avenir en améliorant la vie des ouvriers et en lui rendant sa liberté bien méritée

Au départ, la classe ouvrière est formée surtout d’individus déracinés, illettrés, sans tradition de luttes, habitués à subir les événements avec résignation. L’ouvrier ne se plaint pas des conditions de travail . Les journées de travail dépassent souvent dix heures et il n’ y a pas de congés. Les accidents du travail sont nombreux notamment dans les mines ou les coups de grisou sont des explosions meurtrières. Les salaires sont faibles. Le logement des ouvriers est souvent misérable et ne s’améliore que lentement. Les villes industrielles sont parfois malsaines. Dans les usines, le bruit est permanent, la température est élevée l’été et glaciale l’hiver. La malpropreté règne dans tous les ateliers, entre autres à cause de l’utilisation d’huile.

L’insécurité est présente tout au long des journées. Le travail dans les fabriques est très éprouvant physiquement comme moralement. Aux déplorables conditions de travail s’ajoute la fatigue des trajets. Ces faiblesses physiques et morales sont alors très propices au développement de maladies. Ce travail pénible provoque un taux de mortalité plus élevé dans la classe ouvrière que dans les autres classes sociales. Ex : le travail est extrêmement pénible dans les mines et dans les usines du Creusot (usine la plus grande de France, ce qui engendre de nombreuses grèves).

Pour améliorer ces conditions de vie et de travail des ouvriers, E.Renan propose les recherches scientifiques, lesquelles accroissent les connaissances humaines,  puis les inventions et de nouvelles machines. Ces études travaillent aux progrès de la mécanique et de la chimie.

Dans ces conditions, et avec le temps, le travail pourra aller en diminuant et l’ouvrier pourra connaître le Salut (ou rédemption). La Rédemption est un concept théologique du christianisme, qui met l’accent sur l’aspect divin du mystère du Salut de l’homme. Dieu rachète l’homme de l’esclavage du mal et du péché, afin de lui rendre sa liberté. Ainsi, l’homme, après quelques heures de travail non pénible, se sentira libre de ne plus travailler (déculpabilisation). De sa dette de travail ( il ne travaille jamais assez pour assouvir ses besoins matériels), il se préoccupera désormais de sa dette de liberté (concept totalement novateur pour l’époque).

II-Qui fait l’éloge de la science et du progrès et de ses bienfaits pour le peuple

  1. Accroissement des connaissances humaines et d’inventions intéressantes

Le discours prononcé par Renan en 1869 spécule que les découvertes des scientifiques profiteront à tout le peuple et même à l’humanité. Il est vrai que la machine à vapeur permit aux travailleurs de se déplacer en train;

La théorie électromagnétique de la lumière en 1864 par Maxwell, l’ invention de la dynamite par Nobel en 1867, la mise au point du béton armé en 1867, les premiers procédés de photographie en couleur en 1869, la classification périodique des éléments par Mendeleïev en 1869 apportèrent des lumières à la chimie et dans d’autres domaines et l’invention de la presse rotative en 1845 apporta un progrès dans le domaine de la mécanique.

Forte de ses inventions, même si elles perturbent le peuple dans un premier temps, elles apporteront du bien-être car le travail sera moins pénible, et les besoins matériels seront plus faciles à satisfaire.

2) Eloge de la vie heureuse, et de la culture de l’esprit;

En outre,  Renan défend l’idée que la science améliore non seulement la vie matérielle des hommes mais leur apporte aussi un progrès moral et une liberté de penser. En effet, comme le travail ira en diminuant, l’humanité aura du temps pour vaquer à une vie intellectuelle (en s’instruisant, en lisant, en cultivant son esprit), donc elle pourra combattre l’illettrisme. Elle pourra avoir des loisirs, vaquer à une vie heureuse, morale et intellectuelle.

Conclusion: Dans cette conférence, Renan utilise toutes les ressources de l’art oratoire pour amener son auditoire à partager son point de vue sur l’importance de la science et sur le bien qu’elle apporte à l’humanité. Il utilise des arguments irréfutables dans la mesure où il renvoie à un passé d’extrême machinisation  pour l’opposer  à la mise en place dans la société progressiste de facteurs moraux, sentimentaux et de nouveaux modes de pensées recentrés sur la liberté. Il exprime un jugement catégorique  et théologique et se projette dans le futur qui grâce aux savants sera selon lui radieux moralement et matériellement.

On peut rapprocher cette vision de la société et de la science comme progrès, de celle des philosophes du 18ème, comme Voltaire, qui pensait lui-même que l’homme éduqué allait vers une société meilleure et plus juste, mais tout de même un peu idéaliste.

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Analyse de Germinal de Zola

Travail d’analyse pour les lycéens en classes de seconde et première :

Nous nous demandons tous à l’approche d’un contrôle de connaissances, d’un Analyse de Germinal de Zola ou des épreuves du bac anticipé de français si nous allons nous poser toutes les bonnes questions et surtout si nous allons savoir approfondir notre analyse convenablement.

Afin de vous y aider,  voici  une analyse de l’incipit  de Germinal de Zola (romancier réaliste et naturaliste) publié en 1885,  avec quelques rappels de questions :

Analyse de Germinal de Zola

Avant de débuter l’étude de ce texte, je rappelle aux lecteurs que ce cours est gratuit, mais j’apprécierais un juste retour de la part de tous, car je ne donne pas que des cours de français. Je suis aussi depuis janvier 2020 écrivaine. Ainsi, ce blog est également dédié à la promotion de mon roman « La vie cachée de Mina M ». Je vous remercie de cliquer sur le lien, de regarder et de partager sur vos réseaux sociaux les pages concernant sa promotion. ♥♥♥♥♥

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Travail d’analyse du livre Germinal  d’Emile Zola pour les lycéens en classes de seconde et première :

Nous nous demandons tous à l’approche d’un contrôle de connaissances, d’une analyse de textes, par exemple de Germinal de Zola ou des épreuves du bac anticipé de français si nous allons nous poser toutes les bonnes questions et surtout si nous allons savoir approfondir notre analyse convenablement.


Afin de vous y aider,  voici  une analyse de l’incipit  de Germinal de Zola (romancier réaliste et naturaliste) publié en 1885,  avec quelques rappels de questions :

Qu’évoque ce roman de zola ?

Les luttes sociales de la fin du 2eme empire et les événements de 1880 à 1884.

Quelles sont les intentions conscientes de Zola dans cet incipit ?

Zola cherche certainement à nous intriguer (personnage anonyme, pourquoi cet homme entreprend ce voyage en plein coeur de la nuit ?, atmosphère sombre et hostile, quelle est l’identité et le passé du personnage ? ) et à nous émouvoir (l’homme n’est pas couvert et démuni, il est faible et souffrant des mains, sans emploi et sans gîte,..)

 Quels sont les procédés  d’écriture employés par Zola pour nous intriguer et nous émouvoir 

Les procédés lexicaux: 

Reproduction fidèle de la réalité dans la description du lieu avec un vocabulaire (péjoratif ou dépréciatif) riche et imagé avec beaucoup d’informations sur le décor (extérieur, plaine, grande route de Marchiennes, paysage industriel, horizontalité des bâtiments, voix ferrée, talus…. ), les circonstances avec beaucoup de marqueurs spatio-temporels (c’est le mois de mars, vers 2h du matin, depuis 1 heure, sous la nuit sans étoiles, des rafales glacées,..) et d’adjectifs qualificatifs  (rase, noir, creux, immense, aminci, glacés, douloureux..), les compléments circonstanciels, les adverbes, les mouvements ou vers d’action,

Puis vision fantastique : l’enfer minier, obscurité du paysage, vision de l’enfer, symboles de la mort, animalisation du paysage, impression d’étouffement,

 Le point de vue ou focalisation :

la description du début se fait d’un oeil externe, objectif, puis glissement de point de vue :  description de Montsou d’un point de vue interne (vision subjective de l’homme qui a l’espoir de se chauffer les mains).

 Procédés stylistiques :

Nombreux contrastes et antithèses : la nuit glaciale et le ciel mort avec des feux qui brûlent pareils à des lunes fumeuses (métaphore), les feux en plein air (et si haut) avec des constructions basses et écrasées,  lanternes pendues alors que la respiration monte.

La personnification  (le vent est assimilé à un fouet avec les lanières du vent) et de la bâtisse (avec sa respiration grosse et longue)

Nombreuses comparaisons ou analogies : la plaine est vue comme une mer, le pavé à une jetée, le vent glacé aux embruns,

Hyperboles ou exagération : le lieu se transforme en la vision d’un monstre, la fosse devient un personnage.

et nous terminons cette analyse non exhaustive avec 

cette belle Oxymore : des ombres vivantes.

téléchargement

Germinal – Zola – Extrait de la première partie chapitre 1

Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d’une obscurité et d’une épaisseur d’encre, un homme suivait seul la grande route de Marchiennes à Montsou, dix kilomètres de pavé coupant tout droit, à travers les champs de betteraves. Devant lui, il ne voyait même pas le sol noir, et il n’avait la sensation de l’immense horizon plat que par les souffles du vent de mars, des rafales larges comme sur une mer, glacées d’avoir balayé des lieues de marais et de terres nues. Aucune ombre d’arbre ne tachait le ciel, le pavé se déroulait avec la rectitude d’une jetée, au milieu de l’embrun aveuglant des ténèbres.
L’homme était parti de Marchiennes vers deux heures. Il marchait d’un pas allongé, grelottant sous le coton aminci de sa veste et de son pantalon de velours. Un petit paquet, noué dans un mouchoir à carreaux, le gênait beaucoup ; et il le serrait contre ses flancs, tantôt d’un coude, tantôt de l’autre, pour glisser au fond de ses poches les deux mains à la fois, des mains gourdes que les lanières du vent d’est faisaient saigner. Une seule idée occupait sa tête vide d’ouvrier sans travail et sans gîte, l’espoir que le froid serait moins vif après le lever du jour. Depuis une heure, il avançait ainsi, lorsque sur la gauche à deux kilomètres de Montsou, il aperçut des feux rouges, trois brasiers brûlant au plein air, et comme suspendus. D’abord, il hésita, pris de crainte ; puis, il ne put résister au besoin douloureux de se chauffer un instant les mains.
Un chemin creux s’enfonçait. Tout disparut. L’homme avait à droite une palissade, quelque mur de grosses planches fermant une voie ferrée ; tandis qu’un talus d’herbe s’élevait à gauche, surmonté de pignons confus, d’une vision de village aux toitures basses et uniformes.
Il fit environ deux cents pas. Brusquement, à un coude du chemin, les feux reparurent près de lui, sans qu’il comprît davantage comment ils brûlaient si haut dans le ciel mort, pareils à des lunes fumeuses. Mais, au ras du sol, un autre spectacle venait de l’arrêter. C’était une masse lourde, un tas écrasé de constructions, d’où se dressait la silhouette d’une cheminée d’usine ; de rares lueurs sortaient des fenêtres encrassées, cinq ou six lanternes tristes étaient pendues dehors, à des charpentes dont les bois noircis alignaient vaguement des profils de tréteaux gigantesques ; et, de cette apparition fantastique, noyée de nuit et de fumée, une seule voix montait, la respiration grosse et longue d’un échappement de vapeur, qu’on ne voyait point.


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