Quelles sont les premières questions à (se) poser pour analyser un texte ?

Tout d’abord, vous devez regarder qui est l’auteur, à quel siècle il appartient et son courant littéraire afin de le situer dans le temps et par rapport aux autres écrivains.
Vous devez identifier le type du texte : est-il narratif, explicatif, descriptif, argumentatif ? Pour en savoir plus sur ces différents types, m’écrire un message en commentaire..)

Quelles sont les premières questions à (se) poser pour analyser un texte ?  Ce sont les premières questions que vous devez vous poser quand vous êtes en classe de seconde.

Débutent les cours en français, et puis un jour, votre professeur vous annonce : vous avez un commentaire de texte à faire à la maison pour la semaine prochaine.

Pas de panique ! Je vais vous donner quelques conseils et outils pour réussir ce premier devoir.

Il y a un questionnement autour des textes qui est identique quel que soit le genre (poésie, roman, théâtre,  poésie ou texte argumentatif), et un autre spécifique aux genres. Aujourd’hui, nous nous intéressons au questionnement général.

Alors commençons : 

Vous avez sous vos yeux un extrait de roman, vous prenez une fiche cartonnée et vous écrivez (ces fiches à remplir pour chaque écrivain vous aideront pour les révisions avant vos épreuves du bac français)   :

  • Tout d’abord, vous devez regarder qui est l’auteur, à quel siècle et à quel courant littéraire il appartient afin de le situer dans le temps et par rapport aux autres écrivains.
  • Vous devez identifier le type du texte : est-il narratif, explicatif, descriptif, argumentatif ? Pour en savoir plus sur ces différents types, m’écrire un message en commentaire..)
  • Vous devez identifier son genre (roman, nouvelle, conte, poésie,…)
  • Vous précisez les particularités  du genre repéré  : est-ce une scène de rencontre amoureuse, une description, une scène d’exposition, une scène d’aveu, une tirade, une poésie engagée, un dialogue, etc…
  • Vous dégagez le thème principal (qui peut être écrit en une petite phrase) et les sous-thèmes qui pourront vous servir d’axes lors de votre commentaire.
  • Vous devez analyser la situation d’énonciation : le temps et le mode des verbes, le choix des pronoms personnels, les marques de jugement, le vocabulaire et le niveau de langue.
  • Enfin il faut repérer les figures de style, le point de vue, le registre littéraire, ou encore l’atmosphère de la scène.
  • Lorsque vous aurez trouvé ces informations, même incomplètes, vous serez en capacité de trouver quelle problématique (qui peut être une question que vous vous êtes posée en trouvant le thème) s’adapte le mieux à l’histoire du texte.

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à me poser des questions

dans la rubrique « commentaires »  ou à me laisser un message ci-dessous !

 

 

Comprendre ce qu’est le registre satirique !

Le registre satirique qui vient du latin « _Satura_ » est un genre littéraire qui se moque dans le but de critiquer, de dénoncer des comportements en jouant sur l’exagération. La satire a également une visée morale :

Le registre satirique qui vient du latin « _Satura_ » est un genre littéraire qui se moque dans le but de critiquer, de dénoncer des comportements en jouant sur l’exagération. La satire a également une visée morale :

  1. Ce peut être une fable : Les fables de la Fontaine
  2. Une poésie – exemple le sonnet de Scarron in « recueil de quelques vers burlesques publié en 1655 » (lire plus bas)
  3. Des tirades théâtrales : Molière qui ridiculise l’hypocrisie religieuse et se moque des faux dévots dans » le Tartuffe« , ce qui valut à cette pièce d’être censurée durant plusieurs années par Louis XIV.
  4. Une caricature : Honoré Daumier (1808-1879)
  5. Une parodie : imitation satirique d’un ouvrage sérieux – ex : Rimbaud défini comme un poète de la parodie.
  6. Une satire littéraire : introduction des châtiments de Victor Hugo.

Les figures de style de la satire :

  • Antiphrases et figures d’opposition : exprimer ses idées par leur contraire dans une intention ironique.
  • Figures de l’exagération (hyperboles…) avec des images fortes
  • Naïveté feinte ou éloge paradoxale
  • Allusions et sous-entendus : ironie
  • Le vocabulaire dépréciatif.

Le ton peut être plus ou moins polémique ou virulent selon les moyens employés :

de la remarque à la dénonciation ; de la description dévalorisante (langage dépréciatif, métaphores négatives) à un véritable réquisitoire(figures d’insistance, hyperboles excessives, oppositions flagrantes…) ; de l’ironie sous-jacente (connotations, sous-entendus) à la polémique ouverte (phrases exclamatives et interrogatives exprimant la colère ou le dégoût…)

Les genres de la satire sont variés :

Le pamphlet (écrit bref et violemment polémique), l’épigramme (poème à visée satirique), le portrait ou la caricature présentée souvent comme un blâme hyperbolique, les maximes (courtes sentences qui énoncent un principe moral), les apologues (bref récit à visée morale).

On attribue la paternité de la satire au poète latin  » Lucilius » (IIe siècles av J.C). C’était un genre très en vogue à Rome, ce qui a permis à Juvénal dans « Satires » de dénoncer les nuisances de Rome dans ses poèmes satiriques. Un peu plus tard, plusieurs oeuvres du moyen-âge utilisent les animaux dans un but satirique : le roman de Renart (1170-1250).


Voici un exemple de « sonnet » satirique de Scarron (1610-1660). Mouvement baroque

L’art du « blason«  est l’art de décrire une partie du corps, de la femme en particulier. Cette description se fait habituellement sur le mode élogieux (laudatif), et loue la beauté de l’anatomie qui est une manière pour le poète d’exprimer, sur un mode souvent ludique, son amour.

Ici, Scarron renverse les règles, dans un anti-blason, la description des dents d’Hélène, pour lui déclarer toute sa haine.

Dans cette forme courte du sonnet, il détourne ainsi les poncifs poétiques pour peindre laideur et puanteur, dans un renversement des valeurs finalement très baroque.


Vous faites voir des os de Scarron en 1655

Vous faites voir des os quand vous riez, Hélène, Dont les uns sont entiers et ne sont guère blancs ; Les autres, des fragments noirs comme de l’ébène Et tous, entiers ou non, cariés et tremblants.

Comme dans la gencive ils ne tiennent qu’à peine Et que vous éclatez à vous rompre les flancs, Non seulement la toux, mais votre seule haleine Peut les mettre à vos pieds, déchaussés et sanglants.

Ne vous mêlez donc plus du métier de rieuse ; Fréquentez les convois et devenez pleureuse : D’un si fidèle avis faites votre profit.

Mais vous riez encore et vous branlez la tête ! Riez tout votre soûl, riez, vilaine bête : Pourvu que vous creviez de rire, il me suffit.

 

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